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Vous réduisez ou interrompez votre activité professionnelle pour accompagner un parent en perte d’autonomie, un enfant en situation de handicap ou un conjoint gravement malade ? L’allocation journalière du proche aidant (AJPA) est une aide financière versée par la CAF ou la MSA pour compenser une partie de votre perte de revenus pendant cette période. En 2026, elle s’élève à 66,64 € par jour, dans la limite de 66 jours par proche aidé. Encore faut-il remplir plusieurs conditions cumulatives liées à votre situation, à celle de votre proche et à votre lien avec lui. Voici, en détail, les critères d’éligibilité, le montant exact, la durée de versement, les règles de cumul avec d’autres aides et les démarches à effectuer pour obtenir l’AJPA.
L’AJPA est une aide financière qui compense partiellement la perte de revenus d’un actif qui réduit ou interrompt son activité professionnelle pour accompagner un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie. Versée par la CAF ou la MSA, elle s’inscrit dans le cadre du congé de proche aidant et obéit à des règles précises : durée plafonnée, montant fixé chaque année, conditions d’éligibilité strictes.
L’AJPA n’est pas un revenu de remplacement. Son objectif est de marquer la reconnaissance de la collectivité envers les aidants familiaux, dont le rôle est essentiel dans l’accompagnement des personnes dépendantes. Concrètement, elle permet à un salarié, un indépendant ou un demandeur d’emploi de bénéficier d’une indemnité journalière lorsqu’il met sa vie professionnelle entre parenthèses pour aider un proche.
Le dispositif repose sur deux principes structurants posés dès sa création :
L’organisme qui verse l’AJPA dépend de votre régime de protection sociale :
L’AJPA et le congé de proche aidant sont deux dispositifs distincts mais étroitement liés. Le congé de proche aidant existe depuis janvier 2017 et constitue un droit inscrit dans le Code du travail : il permet à un salarié ou à un fonctionnaire de suspendre ou de réduire son activité professionnelle pour s’occuper d’un proche dépendant. Ce congé est, par défaut, non rémunéré.
L’AJPA, créée en 2020, est venue indemniser ce congé.
Autrement dit :
Pour les salariés, la demande de congé se fait auprès de l’employeur, qui ne peut pas la refuser. Pour les indépendants, c’est la déclaration de réduction d’activité qui sert de cadre. Pour les demandeurs d’emploi indemnisés, l’AJPA suspend temporairement le versement de l’allocation chômage sur les jours indemnisés au titre de l’AJPA.
L’AJPA s’adresse à toute personne qui exerce une activité professionnelle et qui choisit de la réduire ou de l’interrompre temporairement pour accompagner un proche dépendant. Salariés du privé, agents publics, indépendants, conjoints collaborateurs, demandeurs d’emploi indemnisés ou retraités en activité partielle : la plupart des profils d’actifs sont concernés, dès lors qu’ils remplissent les autres conditions d’éligibilité. En revanche, un retraité sans activité professionnelle ne peut pas en bénéficier, c’est l’un des points qui suscite le plus de questions.
Les cas les plus courants sont les proches aidants titulaires d’un CDI ou d’un CDD du secteur privé ou si on est fonctionnaires ou contractuels du secteur public.
Dès lors que le salarié a obtenu un congé proche aidant, il est éligible à l’AJPA.
Pour les travailleurs non-salariés comme par exemple les artisans et les commerçants, les professions libérales, les micro-entrepreneurs ou les conjoints collaborateurs c’est tout aussi possible. Ils doivent cependant justifier de la suspension ou de la réduction effective de leur activité.
Dans ce cas, une déclaration sur l’honneur peut être suffisante si elle est circonstanciée. Des justificatifs comptables ou administratifs peuvent être pris en compte par exemple.
Il faut remplir les 5 conditions suivantes pour pouvoir bénéficier de l’allocation journalière Proche Aidant. Ces conditions sont cumulatives. Il faut donc pouvoir les remplir toutes.
Les liens parentaux classiques sont les plus revendiqués : les conjoints, mariés ou partenaires de PACS, les ascendants ou descendants, les collatéraux jusqu’au 4ᵉ degré (comme grand-oncle ou un cousin germain…).
Pour les liens non parentaux. Il faut alors pouvoir prouver des liens étroits et stables dans le temps comme une communauté de vie ou des échanges continus et stables dans le temps. Par exemple des amis d’enfance ayant des relations continues au cours du temps.
Le législateur a voulu reprendre les 2 cas qui caractérisent la dépendance : l’APA (Aide personnalisé pour l’Autonomie) destinée aux personnes âgées et la PCH (Prestations de Compensation du Handicap) destinée aux personnes dont le handicap a été reconnu avant l’âge des 60 ans.
Pour être éligible à l’AJPA, la situation de santé de la personne aidée doit :
Le taux de handicap est déterminé par la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). 80% est un taux très élevé correspondant à une personne ne pouvant plus travailler et rencontrant une incapacité majeure notamment pour réaliser des actes de la vie quotidienne quel que soit leur âge.
La grille GIR pour les personnes âgées de plus de 60 ans correspond pour les GIR 1 à 4 a une dépendance totale ou partielle.
Cette condition explicitée en détail dans le paragraphe précédent « À qui s’adresse l’AJPA ? les profils d’aidants concernés » répond à la nécessité de correspondre à des jours effectivement non travaillés. C’est le fondement de l’aide telle qu’elle a été conçue.
Le proche Aidant et la personne aidée doivent tous deux résider en France de manière stable. Il faut en apporter la preuve, notamment en ne s’éloignant pas plus de 3 mois en dehors du territoire national.
Le demandeur de l’aide doit pouvoir justifier de cette condition par tout moyen, par exemple par un avis d’imposition ou tout moyen trouvant le lieu de résidence effective pendant au moins 9 mois par an.
Cette condition est peu connue mais est aussi indispensable que les 4 autres.
Pour recevoir l’Aide Journalière du Proche Aidant, il ne faut toucher aucun revenu par la personne aidée. Revenus directs ou revenus indirects comme l’APA ou la PCH.
Les personnes dépendantes peuvent percevoir en effet une aide du département de résidence soit via la PCH soit via l’APA.
L’aidant dans ce cas ne peut pas être rémunéré indirectement par le département via l’APA ou la PCH pour effectuer des prestations d’aide auprès du proche et demander en même temps l’allocation AJPA.
L’allocation AJPA est une aide réservée aux bénévoles.
La demande d’AJPA repose sur un dossier complet, à transmettre à la CAF ou à la MSA selon votre régime. Le dossier comporte deux volets : les pièces qui vous concernent en tant qu’aidant et celles qui justifient la situation de la personne aidée. À cela s’ajoutent les formulaires officiels : un pour la demande initiale, un autre pour la déclaration mensuelle des jours pris. Préparer l’ensemble en amont permet d’éviter les allers-retours avec l’administration et d’accélérer le premier versement.
Pour constituer la partie « aidant » du dossier, vous devez fournir :
Le second volet du dossier prouve que la personne accompagnée remplit bien les conditions médico-sociales ouvrant droit à l’AJPA. Selon la situation, vous devrez transmettre :
À noter : si la situation du proche évolue rapidement (hospitalisation, dégradation soudaine), certaines caisses acceptent un dossier provisoire avec mise à jour ultérieure des justificatifs. N’hésitez pas à signaler l’urgence à votre conseiller CAF ou MSA.
Deux formulaires Cerfa structurent l’ensemble du parcours :
Les deux formulaires sont disponibles au téléchargement sur service-public.fr, caf.fr et msa.fr. La demande peut être déposée en ligne via votre espace personnel CAF ou MSA, ou envoyée par courrier à votre caisse de rattachement. Le dépôt en ligne est généralement plus rapide et permet de suivre l’avancement du dossier en temps réel.
L’aide Journalière Proche Aidant – AJPA est réévaluée comme le SMIC sur lequel elle est basée. Une journée correspond à 7 heures de SMIC net.
Il est toutefois possible de ne prendre qu’une demie journée de temps en temps.
Il faudra réaliser un bilan en fin de mois et l’envoyer à la CAF ou au MSA pour pouvoir recevoir cette allocation. Il n’y aura pas de paiement automatique sans déclaration.
Le montant journalier est fixé pour 2026 à 66,64 € pour une journée complète de réduction ou de cessation d’activité, C’est un montant net où les prestations sociales ont été préalablement défalquées.
Si vous ne prenez qu’une demie journée. Le montant de l’indemnité net est de 33,32 €.
Il ne sera possible de demander que 22 jours maximum par mois civil. C’est un plafond même si l’aide a été plus intensive. Pour un mois l’aide maximum sera de 1 466,08 € en 2026.
22 jours correspondent au nombre de jours ouvrés pour un mois. C’est pourquoi ce nombre a été retenu.
La caisse d’allocations familiales (ou la Mutualité Sociale Agricole) versera après la réception mensuelle de temps passé. Il s’agit donc d’un versement à terme échu, sur la base de la déclaration mensuelle. Ce délai devrait être de quelques jours. Il est toutefois nécessaire de bien préciser, les jours ou demi-journées prises et de s’assurer que ces indications sont conformes par rapport à ce qui est indiqué à l’employeur ou à France Travail pour le cas où le proche aidant perçoit l’ARE (Aide à la Recherche d’Emploi) car les allocations ne sont pas cumulables.
Les écarts de déclarations pourront donner lieu à des demandes de justifications, voire à des réclamations.
Enfin, l’AJPA comme les rémunérations d’activité sont imposables au titre de l’impôt sur le revenu. Elle doit être inscrite sur la déclaration d’impôts. La CAF (ou la MSA) transmettra aux services fiscaux les montants alloués.
Bonne nouvelle, la période indemnisée ouvre des droits à l’assurance vieillesse des proches aidants (AVA).
L’aide pour le proche aidant est comptabilisée en jours d’indemnité. Cependant il ne faut pas oublier que ce sont des jours ouvrés et non des jours calendaires. Chaque année ces droits peuvent évoluer.
Ce qu’il faut retenir également est que le législateur a voulu que les droits puissent s’ouvrir plusieurs fois le long de la carrière de l’aidant. Cette évolution date de janvier 2025.
En prenant en compte la carrière complète, l’aide peut être étendue à 4 proches aidés. En tout c’est donc 4*66 jours ouvrés soit une année calendaire au cours de sa carrière que cette aide ouvre droit.
Comme les aides AJPA ouvrent droit à des points de retraites, ce sont donc la possibilité d’ouvrir droit à 4 trimestres de droit à la retraite au cours de sa carrière si on aide 4 proches aidants.
Le dispositif est très souple car il permet à l’aidant de prendre des jours isolés, voire des demi-journées, ou de passer à temps partiel.
Par exemple, si vous prenez un jour par semaine pour aider un proche. Journée au cours de laquelle, vous pouvez l’accompagner pour sortir un peu ou pour lui faire ses courses pour la semaine et pourquoi pas préparer un diner pour lui agrémenter son quotidien. Vous serez aidé(e) pendant 66 semaines ce qui fait environ 15 mois.
Une attention particulière doit être apportée aux aides que reçoit déjà le proche aidant car c’est souvent la raison de mauvaises surprises voire de refus de dossier. Mieux vaut alors ne pas se tromper pour éviter les désillusions.
Un conseil : bien faire le point de ce qu’on perçoit déjà avant d’ouvrir un dossier de demande d’AJPA.
Voici 5 aides qui ne posent pas de problèmes de cumul avec l’Aide Journalière Proche Aidant
Attention, les aides suivantes ne sont pas cumulables (sur les mêmes jours calendaires que AJPA). Il sera nécessaire de bien isoler les jours du mois qui relèvent de l’AJPA et les jours qui relève des autres aides. A défaut, l’allocation AJPA ne sera pas versée.
Attention l’AJPA n’ouvre pas droit au crédit d’impôt.
Cependant certaines dépenses engagées par l’aidant peuvent l’être comme le règlement du reste à charge des prestations d’aide ou les prestations non comprises dans le plan d’aide APA ou PCH du proche aidé.
FAQ
Voici quelques questions souvent posées qui concernent l’Aide Journalière Proche Aidant. N’hésitez pas à nous solliciter.
Non. L’AJPA suppose une réduction/cessation d’activité. Sans activité, pas d’AJPA. Un retraité en cumul emploi-retraite peut en revanche y prétendre.
Oui, elle doit être déclarée dans les revenus imposables de l’aidant.
Oui, la résidence stable en France est exigée pour l’aidant autant que pour la personne aidée.
Oui, si l’activité professionnelle est effectivement réduite et que les jours déclarés correspondent à des jours non travaillés.
CAF (Caisse d’Allocations Familiales), MSA (Mutuelle Sociale Agricole), CCAS (Centre Communale d’Action Sociale) de la mairie, assistant social hospitalier, plateformes de répit pour aidants, à Paris la M2A (Maison des Ainés et des Aidants) pour les personnes âgées…
Chez Aide autonomie, nous aidons de nombreux bénéficiaires en perte d’autonomie. Pour pouvoir se lever, se vêtir, s’habiller, manger par exemple, nos assistantes ou auxiliaires de vie leur apportent cette aide si précieuse pour rester chez soi.
C’est un métier technique et prenant. Il n’est jamais mieux fait que lorsque les assistant(e)s de vie réussissent à joindre l’empathie à leur savoir-faire technique.
Bien sur l’aidant familial peut réaliser ces tâches. Mais en se préservant des tâches les plus difficiles et fatigantes les aidants familiaux pourront apporter aux personnes aidées ce que personne d’autres ne pourra faire aussi bien :
Partager avec la personne aidée l’affection qu’elles sont seules à pouvoir donner aussi bien.