Besoins nutritionnels de la personne âgée : guide complet pour bien manger après 65 ans

Auxiliaire et personne âgée à table ensemble

Avec l’âge de nombreux changements apparaissent chez la personne âgée. Ils ne sont pas sans conséquence pour les besoins nutritionnels.

Les fibres musculaires sont moins denses. La taille diminue comme le poids. Certains organes comme les reins peuvent fondre à partir de 50 ans. Des kystes peuvent apparaître. Ce sont les évolutions physiologiques.

Le métabolisme évolue aussi avec les années. La masse maigre ( les muscles) fond au profit de la masse grasse surtout chez les individus qui bougent le moins. On remarque fréquemment une augmentation de la graisse autour des viscères.

Enfin la capacité fonctionnelle diminue ( et parfois fortement) en raison de la déficience sensorielle  (ouïe, vue, toucher, odorat et le goût). La capacité à effectuer des tâches quotidiennes comme les ménagères ou celles liées aux courses, à préparer le repas ou à se mouvoir peut fortement diminuer

Ce guide a pour objectifs de comprendre les besoins nutritionnels pour repérer les risques et permettre d’agir au quotidien pour le bien être de nos aînés.

Pourquoi les besoins nutritionnels évoluent avec l'âge

Le corps change, on le voit. Beaucoup d’entre nous savent déjà que la sensation de soif et de faim est moindre pour les personnes âgées. Mais la digestion est aussi plus lente, la mastication aussi. La perte musculaire à laquelle sont confrontés nos aînés est naturelle. 

Cependant le sujet de la nutrition n’est pas si simple à saisir. Les besoins sont toujours là et ne baissent pas avec l’âge. Ils peuvent même augmenter pour certains nutriments, alors que les apports quantitatifs ont tendance à baisser.

Les apports nutritionnels recommandés pour les personnes âgées

Reprenons les principales composantes nutritionnelles et voyons comment les besoins évoluent avec le temps.

Les protéines : des besoins plus forts pour les personnes âgées :

Les protéines sont des molécules importantes car le corps ne peut pas les fabriquer. C’est bien sûr important pour les muscles mais elles participent aussi à la synthèse des hormones, assurent la réparation des tissus, interviennent dans la fonction immunitaire et le transport de l’oxygène et ont un rôle important pour la peau, les ongles et les cheveux.

Pour la personne âgée, l’apport en protéine doit donc être augmenté car le besoin de toutes ces fonctions est plus important et plus particulièrement pour retarder la fonte musculaire, lutter contre la fragilité et la perte des fonctions motrices des individus. 

Les besoins en protéines sont de 1 à 1,2 g / kg et par jour pour une personne âgée contre 0,83g / kg et par jour pour un adulte. Soit de 30% à 50% de plus !

Aide aux courses

Les besoins en énergie des personnes âgées :

Deux macronutriments fournissent l’énergie dont l’organisme a besoin : les lipides et les glucides.
  1. Les lipides (les graisses alimentaires) jouent un rôle bien au-delà du simple stockage d’énergie : ils participent à la synthèse des hormones et permettent à l’organisme d’assimiler certaines vitamines essentielles. Avec l’avancée en âge, la mobilité diminue et les besoins énergétiques avec elle. L’enjeu n’est donc pas de réduire les graisses, mais de mieux les choisir : limiter les acides gras saturés et trans (beurre, charcuterie) au profit des acides gras mono- et polyinsaturés, notamment les oméga-3, reconnus pour leurs effets bénéfiques sur le cœur, l’inflammation et les fonctions cognitives.
  2. Les glucides constituent la principale source d’énergie de l’organisme et devraient couvrir entre 50 et 55 % des apports énergétiques journaliers chez la personne âgée. En privilégiant les glucides complexes et riches en fibres (légumineuses, céréales complètes, légumes), on soutient le transit intestinal, la régulation de la glycémie, ainsi que le bon fonctionnement cérébral et musculaire, autant de fonctions particulièrement importantes à préserver avec l’âge.

L’hydratation, capital pour la personne âgée

L’hydratation est un point de vigilance particulier chez la personne âgée : la sensation de soif s’émousse avec l’âge, ce qui expose à un risque de déshydratation sans que la personne en ressente le besoin. Ce risque est encore accentué par certains troubles cognitifs ou traitements médicamenteux, et plus encore dans des situations spécifiques comme la fièvre, la canicule, des diarrhées ou des vomissements.

Le besoin minimal est de 2 litres par jour, toutes sources confondues (eau, bouillons, tisanes, fruits et légumes). Un apport suffisant conditionne le maintien des fonctions de base et, en premier lieu, la fonction rénale.

Le besoin en vitamines et en minéraux des personnes âgées

Les vitamines et minéraux rendent possible le métabolisme des cellules et renforcent la fonction immunitaire et la santé osseuse. 

Le déficit de ces nutriments conduit à l’anémie, l’ostéoporose et sont à l’origine d’un déclin plus rapide et accélèrent les troubles cognitifs et la diminution de l’immunité.

Quels aliments privilégier pour les personnes âgées ?

Pour favoriser un apport suffisant sans surcharger la digestion, on privilégiera des repas fractionnés et légers : petit-déjeuner, déjeuner, collation et dîner.

À chaque repas, on veillera à intégrer :

  • des fruits et légumes, au moins 5 portions par jour, de préférence frais
  • une source de protéines animales ou végétales : viandes, œufs, poisson, ou légumineuses (lentilles, légumes secs, céréales)
  • des produits laitiers sous toutes leurs formes : lait, yaourt, fromage
  • des féculents et du pain, à chaque repas

Côté boissons, l’objectif est d’atteindre au minimum 1,5 litre par jour, en variant les plaisirs : eau, thés, tisanes, bouillons et soupes comptent dans cet apport.

Un point d’attention sur le sucré : consommé en trop grande quantité, il provoque une satiété rapide qui peut empêcher la personne âgée d’ingérer les autres nutriments dont elle a besoin. Mieux vaut le réserver en fin de repas, en quantité raisonnable.

Nutrion personnes âgées

La dénutrition, comprendre et repérer le risque pour les personnes âgées

Les besoins nutritionnels ne diminuent pas vraiment après 75 ans. Ce qui change, en revanche, c’est la capacité à y répondre : l’âge peut entraîner une perte ou une diminution du goût, qui réduit progressivement l’envie de manger. Sans apport suffisant, le corps s’appauvrit en énergie, la masse musculaire s’érode, la fatigue s’installe, et le cercle vicieux de la dénutrition s’enclenche.

Certains signes doivent alerter l’entourage :

  • perte d’appétit ou désintérêt pour les repas
  • baisse des quantités consommées à chaque repas
  • diminution du nombre de repas dans la journée
  • affaiblissement musculaire : difficultés à marcher, à se lever
  • perte de poids visible (vêtements devenus amples)
  • chutes répétées ou épisodes de confusion

Ces signes ne sont pas une fatalité. Repérés tôt et pris en charge rapidement, ils sont tout à fait réversibles. Dans notre expérience d’aide à domicile, nous constatons qu’une famille impliquée et attentive fait toute la différence : plus elle est présente, plus la dénutrition est détectée tôt et mieux la situation est maîtrisée.

Adapter l'alimentation en cas de perte d'appétit ou de pathologies

Retrouver l’appétit repose sur deux axes complémentaires.

Identifier et traiter la cause de la perte d’appétit. La perte d’envie de manger est rarement anodine : douleur, solitude, dépression, problème d’hygiène bucco-dentaire sont autant de causes fréquentes qu’il convient de rechercher. Cette démarche d’observation est en elle-même bénéfique : en cherchant à comprendre, on signifie à la personne âgée qu’elle est écoutée et considérée. Il est cependant indispensable de se faire accompagner par un professionnel de santé pour poser un diagnostic et orienter la prise en charge.

Redonner envie de manger. Une activité physique adaptée à l’état de santé de la personne stimule naturellement l’appétit. Sur le plan alimentaire, l’idée n’est pas de forcer à chaque repas : mieux vaut identifier le repas le plus apprécié dans la journée et en faire un moment particulier, quitte à être moins exigeant sur les autres prises. Susciter le plaisir est le maître mot.

L’accompagnement à table joue également un rôle décisif. Se caler au rythme de la personne, l’encourager avec bienveillance, partager ce moment avec elle : le repas devient alors bien plus qu’un acte nutritionnel. C’est une occasion de lien, d’échange, de communion, et c’est précisément cette qualité relationnelle qui redonne envie de passer à table.

Comment une agence d'aide à domicile peut aider à l'adaptation nutritionnelle d'une personne âgée

Le maintien d’une alimentation adaptée à domicile ne repose pas uniquement sur la famille ou les professionnels de santé. Une agence d’aide à domicile joue un rôle concret et quotidien, souvent décisif.

L’auxiliaire de vie intervient à plusieurs niveaux : elle prépare les repas en tenant compte des goûts, des textures adaptées et des besoins nutritionnels de la personne, veille à la présentation pour susciter l’envie de manger, et accompagne le moment du repas avec la patience et la bienveillance que la situation exige. Ce n’est pas un acte anodin : manger accompagné, à son rythme, dans un cadre agréable, stimule l’appétit bien plus efficacement que la contrainte.

Au-delà du geste technique, l’auxiliaire est aussi une vigie du quotidien : elle repère les signaux discrets d’un appétit qui faiblit, d’une fatigue qui s’installe, d’une perte de poids progressive, et en informe les familles pour qu’une prise en charge soit engagée rapidement.

Chez Aide Autonomie, nos auxiliaires de vie diplômées interviennent auprès de personnes souvent très dépendantes, avec une moyenne d’âge qui dépasse 85 ans. Cet accompagnement au long cours, attentif et personnalisé, fait partie intégrante de notre conception de l’aide aux repas à domicile.

Vous souhaitez en savoir plus ? Contactez-nous au 01 44 68 03 02 ou via notre formulaire de contact.

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