PCH aidant familial : dédommagement, montants et démarches (2025-2026)

Personne âgée utilisant un deambulateur

Beaucoup d’aidants familiaux ignorent qu’ils peuvent être dédommagés pour le temps consacré à l’accompagnement d’un proche en situation de handicap. La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) prévoit pourtant un volet spécifique à leur intention : une compensation financière versée par le Conseil départemental, sans condition de ressources, pour reconnaître l’engagement de ceux qui aident au quotidien.

Ce guide vous explique, dans un langage accessible, qui peut en bénéficier, à quel montant s’attendre, comment constituer le dossier et ce que la loi prévoit en matière de fiscalité.

Qu'est-ce que la PCH pour un aidant familial ?

La Prestation de Compensation du Handicap (PCH) est une aide financière versée par le Conseil départemental, financée par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA). Elle est destinée à compenser les conséquences d’un handicap sur la vie quotidienne, indépendamment des revenus du bénéficiaire. Elle ne doit pas être confondue avec l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie), qui s’adresse aux personnes âgées de plus de 60 ans.

La PCH couvre cinq volets : aide humaine, aide technique, aménagement du logement, transport, et surcoûts exceptionnels. Dans le cadre de l’aidant familial, seul le volet aide humaine est concerné.

Qu'est-ce que l'aide humaine dans le cadre de la PCH ?

Le volet aide humaine permet de financer l’intervention d’une personne pour accompagner le bénéficiaire dans les actes essentiels de la vie quotidienne : se lever, se laver, s’habiller, se déplacer, manger. L’aide humaine peut être aussi utilisée pour l’entretien du linge ou du foyer. Cette aide peut être assurée par un professionnel mandaté ou salarié ou par un aidant familial, qui perçoit alors un dédommagement spécifique.

Aidant familial et PCH : de quoi parle-t-on exactement ?

L’aidant familial n’est pas un employé. Il ne perçoit pas de salaire mais un dédommagement forfaitaire, versé via la PCH à la personne handicapée, qui le reverse ensuite à l’aidant. Cette distinction est importante : elle a des conséquences sur le statut, la fiscalité et les droits sociaux de l’aidant, que ce guide détaille dans les sections suivantes.

Qui peut être aidant familial au sens de la PCH ?

Auxiliaire accompagnant un senior pour se lever du lit

Les liens familiaux reconnus par la MDPH

La réglementation reconnaît comme aidant familial toute personne appartenant à l’entourage proche de la personne handicapée. Sont concernés :

  • Le conjoint, le concubin ou le partenaire de PACS
  • Les ascendants et descendants (parents, enfants, grands-parents)
  • Les collatéraux jusqu’au 4e degré (frères, sœurs, cousins germains, oncles, tantes)
  • Les personnes résidant avec la personne handicapée ou entretenant des liens étroits et stables avec elle

Il n’existe pas de condition d’âge ni de diplôme pour être reconnu aidant familial dans le cadre de la PCH.

Aidant familial vs aidant professionnel : quelle différence ?

Aidant familial Aidant professionnel
Statut Proche de la personne handicapée Salarié ou prestataire agréé
Rémunération Dédommagement forfaitaire Salaire
Cotisations sociales Non soumis Soumis
Conditions requises Lien familial ou de proximité Diplôme et agrément

Quelles sont les conditions d'éligibilité à la PCH ?

Les critères liés à la personne handicapée

Pour ouvrir droit à la PCH, la personne handicapée doit remplir plusieurs conditions cumulatives :

  • Âge : avoir moins de 60 ans au moment de la demande (une demande reste possible jusqu’à 75 ans si le handicap est apparu et a été reconnu avant l’âge de 60 ans)
  • Résidence : résider en France de manière stable et régulière
  • Critères de handicap : justifier de difficultés absolues dans la réalisation d’au moins une activité essentielle, ou de difficultés graves dans au moins deux activités (référentiel fixé par décret)

La PCH n’est soumise à aucune condition de ressources pour son attribution, ce qui la distingue d’autres aides sociales.

Les critères liés à l'aidant familial

Du côté de l’aidant, les conditions sont volontairement souples :

  • Ne pas être rémunéré pour cette aide dans le cadre d’un autre dispositif (emploi direct, service prestataire)
  • Entretenir un lien familial ou de proximité reconnu avec la personne handicapée
  • Aucune condition de diplôme, d’âge ou de situation professionnelle n’est exigée

C’est un point important : n’importe quel membre de la famille, qu’il soit actif, retraité ou sans emploi, peut prétendre au dédommagement PCH dès lors que le plan de compensation le prévoit.

Droit d'option : PCH ou APA ?

Les personnes dont le handicap est apparu avant 60 ans peuvent, passé cet âge, choisir entre la PCH et l’APA. Ce choix est définitif.

La PCH est généralement plus avantageuse lorsque les besoins en aide humaine sont importants : elle n’est pas soumise à conditions de ressources et ses plafonds sont plus élevés. L’APA peut en revanche convenir davantage aux personnes dont le niveau de dépendance est modéré et qui bénéficient déjà d’un accompagnement coordonné par leur département.

Quel est le montant du dédommagement PCH pour un aidant familial ?

Le tarif horaire de dédommagement en 2025-2026

Le montant du dédommagement est fixé par décret et régulièrement revalorisé. Au 1er janvier 2026  2025, deux taux horaires s’appliquent selon la situation professionnelle de l’aidant :

Situation de l'aidant Taux horaire
Aidant en activité professionnelle 4,78 €/heure
Aidant ayant réduit ou cessé son activité 7,16 €/heure

Ces montants sont versés à la personne handicapée dans le cadre de son plan de compensation, à charge pour elle de les reverser à l’aidant familial.

Le calcul selon l'activité professionnelle de l'aidant

Deux exemples concrets pour illustrer :

Aidant en activité professionnelle, accompagnant son proche 20h par mois :
20h × 4,78  € = 95,60  €/mois

Aidant ayant réduit son activité, accompagnant son proche 40h par mois :
40h × 7,16  € = 286,40  €/mois

Le nombre d’heures retenu dépend du plan de compensation établi par la MDPH, qui évalue les besoins réels de la personne handicapée.

Les plafonds d'heures et limites d'attribution

Le volume d’heures d’aide humaine accordé est fixé par la MDPH dans le plan de compensation individuel. Il varie selon le niveau de handicap et les besoins évalués. La durée d’attribution de la PCH est en général comprise entre 1 et 5 ans, renouvelable sur demande avant échéance.

Cas particulier : aidant ayant réduit ou cessé son activité professionnelle

L’aidant qui réduit son temps de travail ou interrompt son activité professionnelle pour s’occuper de son proche bénéficie du taux majoré de 7,16 €/heure. Est considérée comme réduction d’activité toute situation de mi-temps thérapeutique, temps partiel choisi ou congé de proche aidant.

Ce statut ouvre également des droits complémentaires. Si vous êtes salarié et que vous avez réduit votre activité pour aider un proche, l’AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant) peut venir compléter le dédommagement PCH. Consultez notre guide dédié à l’AJPA pour en savoir plus.

Comment faire la demande de PCH ?

La demande de PCH se dépose auprès de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées) du département de résidence de la personne handicapée. Le dossier comprend :

  • Le formulaire Cerfa n°15692 (demande de prestations)
  • Un certificat médical récent décrivant le handicap
  • Une pièce d’identité et un justificatif de domicile
  • Le cas échéant, un justificatif de situation professionnelle pour l’aidant familial

La constitution du dossier peut sembler complexe. N’hésitez pas à solliciter l’aide d’un travailleur social, du CCAS de votre commune ou d’une association spécialisée pour vous accompagner dans cette étape.

L'évaluation des besoins par l'équipe pluridisciplinaire

Une fois le dossier déposé, une équipe pluridisciplinaire de la MDPH procède à l’évaluation des besoins de la personne handicapée, généralement lors d’une visite à domicile. Cette évaluation tient compte de la situation réelle de vie, de l’environnement familial et des habitudes de la personne.

À l’issue de cette évaluation, un plan de compensation est élaboré. C’est ce document qui fixe le nombre d’heures d’aide humaine attribuées et la part pouvant être assurée par un aidant familial.

Les délais de traitement et la durée d'attribution

Le délai légal de décision est de 4 mois à compter du dépôt du dossier complet. En pratique, ce délai peut être plus long selon les départements et la charge de travail des MDPH. Il est conseillé de déposer le dossier le plus tôt possible et de conserver un accusé de réception.

La PCH est attribuée pour une durée variable, en général de 1 à 5 ans, renouvelable sur demande avant l’échéance.

Que faire en cas de refus ?

Un refus de la CDAPH (Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées) n’est pas définitif. Deux voies de recours sont possibles :

  1. Le recours gracieux : adressé un courrier motivé à la CDAPH dans un délai de 2 mois suivant la notification de refus
  2. Le recours contentieux : saisir le tribunal judiciaire compétent si le recours gracieux n’aboutit pas

Dans les deux cas, un accompagnement par une association de défense des droits des personnes handicapées ou un avocat spécialisé peut s’avérer utile.

Senior faisant de la marche légère

La PCH est-elle imposable pour l'aidant familial ?

Régime fiscal du dédommagement PCH

La réponse est claire : le dédommagement PCH perçu par l’aidant familial est exonéré d’impôt sur le revenu. Il ne constitue pas un salaire et n’entre donc pas dans l’assiette imposable. Cette exonération est prévue par l’article 81 du Code général des impôts, qui exclut explicitement les prestations de compensation du handicap des revenus imposables.

Impact sur les autres prestations sociales

Le dédommagement PCH n’est pas soumis à cotisations sociales. En contrepartie, l’aidant familial ne cotise pas pour la retraite au titre de ce dédommagement, ce qui constitue un point de vigilance important sur le long terme.

Pour y remédier, il existe l’Assurance Vieillesse des Aidants (AVA), un dispositif qui permet à certains aidants familiaux de valider des trimestres de retraite sans cotisation de leur part. Les conditions d’accès dépendent notamment de la situation professionnelle de l’aidant et du niveau de handicap de la personne aidée.

Obligations déclaratives

Bien que le dédommagement soit exonéré d’impôt, il convient de le mentionner dans la déclaration annuelle de revenus, en case dédiée aux revenus exonérés. Cette obligation déclarative ne génère aucune imposition supplémentaire mais reste nécessaire pour la transparence fiscale.

En cas de doute sur les modalités de déclaration, il est conseillé de se rapprocher de votre centre des impôts ou d’un conseiller fiscal.

FAQ

Peut-on être aidant familial et continuer à travailler ?

Oui. Il n’est pas obligatoire de cesser son activité professionnelle pour être reconnu aidant familial au sens de la PCH. En revanche, le montant du dédommagement varie selon que l’aidant exerce ou non une activité professionnelle. Le détail des montants est présenté dans la section suivante.

Oui, sous conditions. L’AJPA (Allocation Journalière du Proche Aidant) est une allocation versée à l’aidant salarié qui suspend ou réduit son activité professionnelle pour accompagner un proche. La PCH, quant à elle, est versée à la personne handicapée. Les deux dispositifs peuvent coexister, à condition que le plan de compensation de la MDPH le prévoie et que les heures prises en charge ne se chevauchent pas. Consultez notre guide dédié à l’AJPA pour en savoir plus.

Oui. La PCH couvre cinq volets : aide humaine, aide technique (fauteuil roulant, matériel médical), aménagement du logement, transport et surcoûts exceptionnels. Le dédommagement de l’aidant familial relève uniquement du volet aide humaine. Les autres volets sont gérés directement par la personne handicapée selon son plan de compensation.

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